AU CAMEROUN LE DIALOGUE SOCIAL NE PASSE DECIDEMENT PAS !

vendredi 2 décembre 2016
par  SUPMAE-FSU
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La FSU/MAE adresse une lettre ouverte au Ministre des Affaires Etrangères et du Développement International.

Elle dénonce et condamne l’ersatz de dialogue social tel qu’il est pratiqué au Cameroun.

Elle exige :

-  le plein respect de la loi locale,
-  l’application de l’article 40 du code du travail camerounais,
-  et la mise en place d’un plan social pour le standardiste/agent d’accueil du SCAC licencié pour motif économique le 7 décembre prochain.

Monsieur le Ministre,

Lors du CTM la semaine dernière, vous avez rappelé à l’ensemble des représentants des personnels votre attachement au dialogue social et à l’exemplarité des encadrants.

Aujourd’hui la FSU/MAE s’adresse à vous pour dénoncer et condamner les agissements du Poste du Cameroun, et vous demander de suivre avec toute l’attention requise, ainsi que vous vous y êtes engagé, la situation que nous sommes contraints de vous rapporter.

Avec l’ancien chef de poste l’ambiance était devenue délétère ; le chantage à l’emploi, l’usage de relations privilégiées avec les autorités locales pour faire procéder à des arrestations arbitraires etc… confinait à entretenir un climat de terreur parmi les agents de recrutement local.

Pour la FSU/MAE, L’image de la France était galvaudée et le dialogue social marquait le pas.

Les regards se sont tournés vers le nouveau chef de Poste, les agents de recrutement local étant demandeurs d’une nouvelle dynamique en matière de dialogue social et de respect des représentants des personnels.

Espoirs malheureusement très vite déçus...

Rien ne change manifestement...

NON les instances locales ne sont pas de simples chambres d’enregistrement des décisions de l’administration.

NON le dialogue social ne se pratique pas uniquement lors de la tenue des instances locales de dialogue social que sont le CTPE et la CCL.

Atteinte à la liberté syndicale, chantage à l’emploi, pressions exercées sur les agents, ingérence dans la vie privée etc…

La liste des manquements est hélas longue et face aux manquements répétés, au déni de dialogue social, au refus de transparence et de respect, nos représentants locaux ont informé le chef de poste qu’ils boycottaient les réunions de dialogue social du 6 décembre prochain.

L’actuel chef de poste a refusé de communiquer à nos représentants élus, dûment mandatés par le standardiste/agent d’accueil du SCAC qui va être licencié pour motif économique la semaine prochaine, les informations relatives au montant de son indemnité de licenciement.

C’est seulement aujourd’hui qu’un chauffeur de l’ambassade de France s’est présenté au poste de travail de l’intéressé pour lui remettre juste avant la fermeture des bureaux contre signature le décompte qui lui sera versé avec son salaire de décembre.

Or ces informations auraient dû être remises à l’intéressé en même temps que la lettre lui signifiant son licenciement, c’est-à-dire le 7 septembre dernier.

RAPPEL DES FAITS

Le 7 septembre dernier s’est tenue une CCL extraordinaire visant – je cite l’ancienne chef de poste – « à informer les représentants des personnels des décisions prises par l’administration quant à la suppression de plusieurs postes au sein des services ».

C’est seulement à cette date que les représentants des personnels ont été informés de la suppression du poste occupé par le standardiste/agent d’accueil au SCAC.

Le même jour, à l’issue de la CCL extraordinaire, l’intéressé était convoqué pour se voir signifier son licenciement ; l’administration lui expliquait alors qu’elle ne pouvait pas lui remettre le décompte de ses indemnités, parce qu’il n’avait pas encore été validé par Paris.

Aujourd’hui – 2 décembre 2016 – l’administration communique enfin ce décompte, soit 3 jours ouvrés avant la date de licenciement.

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Pourquoi un chauffeur sert-il d’intermédiaire ?

CE QUE DENONCE LA FSU/MAE

Dès l’annonce faite en CCL extraordinaire, nos représentants locaux n’ont eu de cesse, en vain, d’exiger la mise en place d’un plan social et la communication du montant des indemnités de licenciement.

Le chef de poste, à deux reprises, a confirmé par écrit que ces informations étaient strictement confidentielles et que nos représentants élus, pourtant dûment mandatés par l’intéressé, n’avaient pas à en connaître.

Il a précisé – je cite – « que ce montant ne saurait faire l’objet d’une négociation avec les représentants des personnels ».

Il a également indiqué – je cite – « que l’intéressé ne s’était pas rapproché du service commun de gestion pour la délivrance d’une lettre de recommandation » et « que le SCAC et le SCG restaient à sa disposition pour répondre à ses interrogations et pour l’accompagner de la meilleure des façons dans ses différentes démarches visant à son reclassement  ».

CE QUE CONSTATE LA FSU/MAE

Il est indéniable au travers de ces échanges que le chef de poste refuse tout dialogue avec les représentants des personnels pourtant officiellement élus et mandatés comme il se doit.

Le refus de transparence et d’échanges constructifs avec nos représentants élus porte atteinte à la qualité du dialogue social et surtout aux droits de l’intéressé, puisque notre liberté d’action syndicale est ouvertement attaquée.

Contrairement à ce qu’indique le chef de poste, la programmation des effectifs évoquée lors du CTPE du 19 mai 2016 faisait état d’un certain nombre de suppressions de poste, sans pour autant les définir avec précision.

Ces informations ont simplement été communiquées lors de la CCL extraordinaire du 7 septembre dernier.

CE QUE CACHE EN REALITE LE REFUS DE COMMUNICATION DU MONTANT DE L’INDEMNITE DE LICENCIEMENT

Comme nous l’avons craint, derrière ce refus se cachait une réalité contre laquelle la FSU/MAE s’insurge :

NON le MAEDI ne peut pas licencier un agent après 29 ans de bons et loyaux services en versant uniquement le minimum légal.

OUI la FSU/MAE maintient sa demande de versement d’une indemnité compensatrice évaluée à 64 500 000 FCFA.

NON la loi locale n’a pas été respectée.

La FSU/MAE exige l’application des dispositions de l’article 40 du code du travail camerounais, qui stipule clairement que les dispositions de l’article 34 ne s’appliquent pas en cas de licenciement économique.

OUI la situation personnelle de l’intéressée doit être prise en compte (6 enfants à charge – un crédit en cours dont le montant restant dû est nettement supérieur à l’indemnité calculée par l’administration etc…).

OUI l’intéressé n’a pas atteint l’âge légal de la retraite fixé à 60 ans par la loi locale (l’intéressé ne l’atteindra que dans 9 années).

LA FSU/MAE EXIGE DU CHEF DE POSTE DES EXPLICATIONS SUR LES PROPOS TENUS A SES REPRESENTANTS LOCAUX

NON le calcul des indemnités n’est pas revêtu d’un caractère confidentiel.

OUI au titre du plan social exigé par la FSU/MAE il doit faire l’objet de négociations avec ses représentants.

NON ce n’est pas à l’intéressé de prendre l’attache du SCAC et du SCG pour se voir remettre une lettre de recommandations.

NON le poste n’a pas fait la moindre démarche pour accompagner l’intéressé alors que la FSU/MAE l’a exigé.

Pour quelles raisons le poste estime-t-il impossible de reclasser l’intéressé ?

Comment le poste peut-il pencher pour une mise à la retraite anticipée dans ces conditions ?

Au mieux, l’intéressé qui perçoit actuellement un revenu mensuel de plus de 476 935 FCFA percevra une retraite de 148 600 FCFA, soit un différentiel mensuel de près de 70 % !

Pourquoi le poste refuse-t-il de mettre en place un plan social d’accompagnement ?

Pourquoi subordonner une éventuelle aide au reclassement à une demande de l’intéressé ?

La loi locale stipule tout le contraire !

DE QUI SE MOQUE-T-ON MONSIEUR LE MINISTRE ?

C’est ainsi que le dialogue social s’inscrit dans le cadre du projet MAEDI 21 ?

Qu’en est-il de l’exemplarité des encadrants ?

La FSU/MAE vous remercie Monsieur le Ministre, de tenir vos engagements et de donner les instructions nécessaires pour que :

  • la loi locale soit respectée,
  • le dialogue avec les représentants des personnels élus ne se limite pas aux seuls CTPE et CCL mais se pratique au quotidien,
  • les droits de l’agent licencié soient respectés,
  • au-delà du minimum prévu par la loi locale l’intéressé bénéficie d’une indemnité compensatrice prenant en compte son âge, sa situation familiale, le crédit en cours, le différentiel entre sa rémunération actuelle et le montant calculé de la retraite,
  • le poste accompagne l’intéressé dans sa recherche d’emploi vu qu’il n’a pas exprimé le souhait de partir en retraite ce qu’il ne peut matériellement pas se permettre,
  • le dialogue social s’établisse en fin localement dans des conditions qui ne galvauderont pas davantage l’image de la France et celle des représentants syndicaux,
  • l’exemplarité des encadrants ne soit pas un leurre.

La FSU/MAE vous remercie Monsieur le Ministre./.


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