INSTITUT FRANCAIS D’ OUDJA : UNE ZONE DE NON DROIT ?

mercredi 27 décembre 2017
par  SUPMAE-FSU National
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Il se passe décidément de drôles de choses dans la région du grand oriental marocain...

La FSU/MAE a maintes fois alerté le Département sur les conséquences des "erreurs manifestes de casting" opérées lors de plusieurs recrutements par la DGM ; elle a dénoncé des pratiques pour le moins critiquables de certains responsables d’antennes déléguées dans le réseau culturel français au MAROC.

A OUJDA, les directeurs changent, mais les difficultés persistent...

L’ancien directeur délégué aurait il conservé des liens étroits avec certains membres de l’actuelle équipe dirigeante ?

La FSU/MAE s’interroge...

La nouvelle directrice déléguée nommée fin 2016 a mis en place dès son arrivée des méthodes de management pour le moins curieuses : chantage à l’emploi, propos déplacés lors des entretiens annuels à l’encontre de nos représentants syndicaux etc...

Une première réunion organisée pour interroger un à un les agents devant leurs collègues dans le but de connaître leur âge, leur ancienneté au sein de l’IFO, et de savoir s’ils souhaitaient rester au sein de l’équipe ou pas...

Réunion qui a fait l’objet d’un compte rendu rédigé par la directrice elle-même...

Informations qui auraient dû selon la FSU/MAE faire l’échange d’entretiens individuels voire de consultations des dossiers des personnels...

CQFD...

La FSU/MAE est intervenue pour rappeler les règles et inviter la nouvelle directrice à s’interroger sur les méthodes employées, manifestement peu propices à effacer les difficultés persistantes au sein de l’IFO et à favoriser le retour de la cohésion au sein de l’équipe ; et hélas tout aussi peu efficaces pour redonner le blason de l’antenne régionale pourtant mis à mal par la précédente direction...

Ensuite, la nouvelle directrice a convoqué nos représentants en présence du délégué du personnel afin qu’ils s’expliquent sur leur propre rôle, qu’elle ne comprenait pas au motif qu’il existait déjà un délégué des personnels élu...

La FSU/MAE est de nouveau intervenue pour inviter la nouvelle directrice à prendre l’attache du bureau du dialogue social à Paris, interlocuteur idoine pour répondre à ses interrogations et pallier son manque évident de connaissances en matière de dialogue social...

La "convocation" est donc restée lettre morte ; nos représentants n’ayant pas à justifier de leur étiquette syndicale auprès de la direction, la FSU/MAE est intervenue cette fois-ci pour expliquer à la nouvelle directrice que ses représentants locaux ne se rendraient pas à cette "aimable invitation"...

Pour stigmatiser nos représentants syndicaux, pourtant clairement identifiés au sein d’une section locale créée dans les règles, il n’y avait pas mieux !

Le "la" était donné.

"Diviser pour mieux régner" est devenu petit à petit la règle ; une règle qui entretient par ailleurs un climat délétère dans une antenne qui avait déjà beaucoup souffert avec l’équipe précédente...

A OUJDA, l’information circule mal ou pas du tout mais surtout il semble désormais évident que des pratiques - non conformes à la réglementation - et pourtant dénoncées preuves à l’appui, deviennent un mode normal de fonctionnement...

La responsable des cours de langue met tout particulièrement à mal (et de longue date) le travail de la coordinatrice pédagogique et ce manifestement avec le soutien plein et entier de l’équipe dirigeante, sur place mais aussi à la direction générale de Rabat.

Des pétitions ont circulé ; soucieuse du respect de la réglementation en vigueur, la coordinatrice pédagogique a alerté et dénoncé sans succès des pratiques pourtant non conformes et c’est elle aujourd’hui qui est injustement mise en cause.

Plusieurs déplacements sur OUJDA ont été effectués par des membres de l’équipe de la DG/IFM de RABAT ; des agents de la DGM/DCERR se sont également rendus au Maroc.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Curieusement l’administration reste muette sur le sujet : pas de retour d’information, pas de communication mais surtout manifestement aucune prise de décision...

A RABAT, le directeur de l’IFM assure que "tout va bien" ; tout au plus il stigmatise nos correspondants en reconnaissant que ce sont les seuls qui "posent problème"...

Selon lui, l’antenne de NADOR n’est pas fermée, or la directrice de l’IFO et le secrétaire général disent le contraire...

Qui ment ? Qui dit la vérité ?

"Laissons-les travailler" ajoute de son côté le directeur général adjoint.

A PARIS, la DGM/DCERR assure "suivre le dossier de près".

Pour la FSU/MAE, le compte n’y est pas !

L’administration a manifestement fait le choix de ne rien voir, de ne rien dire et de ne rien entendre.

Là où Clémenceau aurait suggéré la création d’une commission pour enterrer le problème, le choix a manifestement été fait d’ignorer ce qui dérange et de considérer que tout est normal et fait - sic - selon les règles...

Mais attention ! Derrière ces graves manquements, les lanceurs d’alerte sont injustement mis en cause pendant que les vrais responsables ne sont ni inquiétés ni sanctionnés !

La FSU/MAE s’insurge et dénonce avec force cette situation inacceptable.

Le déni manifeste de l’administration de la réalité n’est pas sans conséquence, à la fois pour les agents et pour l’ensemble du réseau culturel français au MAROC :

- l’absence de décision revient de facto à cautionner une réalité pourtant non conforme au droit et qui nuit gravement à l’image de la France à l’étranger tout en empêchant d’atteindre les objectifs fixés pour l’IFO ;

- l’administration engage sa responsabilité en matière de RPS vis à vis des agents mis en cause, impacte durablement l’autonomie financière de l’IFM qui pallie de longue date la fragilité de l’IFO, et donne un sérieux coup d’arrêt au rayonnement culturel de la France au MAROC.

Pour ce qui est de l’exemplarité des encadrants, quelque chose a dû nous échapper...

Pour ce qui est de la qualité du dialogue social aussi...

Quel but poursuit donc l’administration ?

La FSU/MAE s’interroge...

Une chose est sûre, le droit ne s’applique pas à l’identique à tous...

En réponse à une demande formulée le 3 octobre dernier, le directeur adjoint de l’IFM a adressé le 21 décembre 2017 un courrier de refus de prolongation d’activité à la coordinatrice pédagogique, sans même le motiver !

Où se situe l’équité ?

La FSU/MAE n’ignore pas que d’autres agents ont vu leurs demandes de prolongation d’activité acceptées voire même renouvelées !

Fermer les yeux ne fait pas disparaître les difficultés et le non respect des règles en vigueur ; et se séparer des agents qui les dénoncent non plus !

Il ne fait manifestement pas bon dénoncer des pratiques illégales au sein du réseau culturel français au MAROC...

Pour la FSU/MAE, cela ne les légitime pas pour autant !

Et d’un point de vue déontologique, la FSU/MAE rappelle que les agents ont obligation de dénoncer de telles pratiques.

Des objectifs chiffrés ont été fixés à la nouvelle direction d’OUJDA : sur quels critères la DG/IFM estimera-t-elle qu’ils sont atteints ? La DGM se limitera-t-elle à consulter son interlocuteur privilégié à RABAT ?

Que cache donc vraiment ce refus de transparence ?

Pour la FSU/MAE, c’est tout bonnement incompréhensible !

Mais cela se passe pourtant comme cela à OUJDA, hier comme aujourd’hui et sans doute comme demain...

Faut-il atteindre les objectifs à n’importe quel prix et peu importe la méthode utilisée et les moyens employés ?

Pour la FSU/MAE, la réponse est clairement NON ; mais en l’absence de réponse de l’administration à nos interrogations , tous les doutes restent permis... et les réelles inquiétudes et les souffrances pour les agents aussi !

Voilà un aperçu qui pour la FSU/MAE en dit long sur la qualité du dialogue social au Quai d’ORSAY...

Quant à la protection des agents lanceurs d’alerte... CQFD !

A l’administration de prendre ses responsabilités./.