LA FSU/MAE INTERPELLE LE MINISTRE LE 25 JUIN 2015

lundi 29 juin 2015
par  SUPMAE-FSU
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Monsieur le Ministre,

Lors du CTM du 13 mai dernier, vous vous êtes réjoui de voir inscrits à l’ordre du jour plusieurs thèmes au cœur de l’exercice de réflexion collective sur le Ministère des Affaires étrangères du 21ième siècle :

La gestion prévisionnelle des emplois, des effectifs et des compétences  : se projeter loin dans le temps est indispensable

La modernisation des compétences, de l’organisation, des méthodes de travail  :

-  Réflexion sur les conditions d’expatriation et sur les temps de séjour
-  Poursuite de l’adaptation du réseau diplomatique : une évolution majeure dont l’objectif est de permettre une meilleure répartition des moyens en adaptation de la géographie mondiale de la puissance et des priorités du ministère,
-  Des compétences stratégiques et de gestion pour piloter les agences sous tutelle,
-  Elargissement des missions du centre de crise pour réagir vite et répondre aux crises,
-  Adaptation des compétences en matière de communication,
-  Des ressources humaines à l’image du monde de demain ; un recrutement à l’image de la diversité de la société, plus d’ambition dans les recrutements au titre du handicap et dans le dispositif PACTE,
-  Un ministère moderne, qui attire les meilleurs ; un management soucieux de l’épanouissement professionnel de chacun,

-  Rénovation du site historique du quai d’Orsay : réhabilitation de l’aile des archives, construction d’un nouveau bâtiment pour ouvrir des espaces supplémentaires de travail, mise aux normes de l’aile des gardes et du centre enterré, réflexion sur la situation du restaurant administratif,
-  Un chantier qui ne débutera pas avant fin 2016 mais qui fait pleinement partie de la construction du Ministère des Affaires étrangères du 21ème siècle,

-  Transfert du service de la valise diplomatique à La Courneuve à l’automne 2016,

La poursuite de la prise en charge de la totalité du nouveau périmètre du MAEDI :

-  Expertise renforcée sur la diplomatie économique,
-  Développement des formations sur ce thème,
-  Réforme des concours,

La pleine mobilisation sur les négociations climatiques pour obtenir un accord à Paris lors de la COP 21 :
-  Exemplarité dans l’utilisation des ressources naturelles,
-  Ambassades « vertes ».

Vous avez constaté les immenses qualités des agents du MAEDI ; vous les avez remerciés pour leurs efforts, leur engagement et leurs capacités d’adaptation, mais qu’en est-il des engagements que vous aviez pris lors de votre participation au CTM de mai 2012, de tout mettre en œuvre pour obtenir de Bercy les moyens financiers en faveur du Ministère ?

Quelle diplomatie d’influence avec quels moyens humains et financiers ? La poursuite de la réduction des effectifs et des moyens budgétaires ?

La FSU/MAE vous a réclamé l’arrêt des suppressions de postes, le Ministère ayant largement contribué à l’effort de réduction des dépenses publiques ; elle vous a interpellé sur la nécessité d’assurer à l’ensemble des agents, à l’étranger comme en administration centrale, des conditions de travail optimales et vous a demandé de mettre fin au travail à flux tendu imposé aux agents et qui porte atteinte à leur santé et à leur sécurité au travail.

De plus en plus d’agents sont en souffrance au travail, les tentatives de suicide se multiplient, des décès sont malheureusement constatés.

Les moyens financiers promis ne sont pas au rendez-vous ; réduction drastique des effectifs, extension des PPDFTA, allongement des temps de séjour, mise en place du RIFSEEP, charte du temps, règlements intérieurs etc… toutes ces mesures – annoncées au titre de la rationalisation – ne poursuivent qu’un seul but : faire toujours plus d’économies, quitte à mettre en danger le service public et ses agents.

A l’administration centrale, le black-out perdure sur les questions financières, qui ne sont même plus abordées en CTM et ne font pas davantage l’objet d’échanges avec les représentants des personnels dans le cadre de réunions de dialogue social qui se raréfient.

La FSU/MAE vous a interpellé sur les rémunérations des agents de catégorie C et B et a réclamé des mesures immédiates en faveur de ces personnels.

Elle a insisté sur l’inquiétude des agents, soucieux de leur devenir dans un contexte difficile, et sur la nécessité de leur prouver votre attachement par des mesures concrètes.

La FSU/MAE se félicite des revalorisations indiciaires des agents de catégorie C et de certains agents de catégorie B ; elle déplore que tous ne soient pas concernés, ce qui ne fait que renforcer le sentiment d’iniquité vécu par les « oubliés ».

La FSU/MAE vous a également rappelé que les agents de recrutement local contribuaient, au même titre que les agents titulaires et contractuels, au rayonnement de la France à l’étranger et qu’une attention particulière devait être accordée à leur protection sociale et à l’amélioration de leur pouvoir d’achat.

Elle a réclamé la suppression de l’actuel mode de calcul de la mesure coût-vie, qui consiste à retirer le taux d’inflation France au taux d’inflation pays, et rappelé qu’avant 2012, le calcul prenait en compte uniquement le taux d’inflation moyen annuel du FMI défini par pays.

La FSU/MAE a demandé que la totalité du taux FMI soit versé aux ADL, afin d’améliorer leur pouvoir d’achat.

Aujourd’hui rien de tout cela n’a été pris en compte ; les inégalités s’accentuent entre ADL au sein d’un même poste, certains percevant une indemnité de transport et d’autres non, parce que des chefs de poste ne veulent pas – je cite - mettre en jeu leur crédibilité en adressant une demande à l’administration centrale.

Et que dire de la limitation des revalorisations salariales pour les agents dans les postes où le cadre salarial a été adopté ?

A l’AEFE, les détachés sur contrat ne bénéficient pas des conséquences indiciaires en cas de promotion ou d’avancement ; sont particulièrement pénalisés les agents de catégorie C, qui ne voient aucune conséquence concrète de la loi sur la résorption de la précarité, pourtant une mesure phare du gouvernement. L’impact budgétaire de ces mesures reste minime, et pourtant le CBCM les bloque de façon arbitraire, alors qu’aucun texte réglementaire ne s’oppose à leur prise en compte. Elles ont pourtant une importance individuelle certaine, et une symbolique forte en termes de perspective de carrière.

La FSU/MAE s’est félicitée du non rattachement des établissements culturels à l’Institut Français, décision qui allait dans le sens de la préservation du service public à l’étranger et du maintien de l’outil linguistique et culturel au sein du MAEDI. Elle maintient sa vigilance sur ce dossier sensible de la normalisation du statut juridique des EAF.

Elle déplore la diminution du montant des subventions, et la logique du privé qui prévaut chaque jour davantage.

Monsieur le Ministre, le Ministère des Affaires étrangères du 21ème siècle sera-t-il celui du dialogue social ? Vous l’appelez de vos vœux et vous vous félicitez de sa qualité, mais il doit se pratiquer au quotidien, à tous les niveaux hiérarchiques, et sur tous les sites. Les personnels doivent certes être reconnus pour leur travail et leurs qualités, mais aussi par des perspectives réelles en matière de salaire et de carrière.

L’allongement des carrières, les réformes à coût constant qui accentuent les inégalités ne vont pas dans le bon sens. Le compte n’y est pas, il reste beaucoup de chemin à parcourir, notamment en matière de transparence, d’information et de communication, conditions indispensables selon la FSU/MAE à un dialogue social de qualité.

Enfin, la FSU/MAE vous demande de bien vouloir user de votre influence afin d’obtenir les moyens humains et financiers nécessaires au bon fonctionnement du Ministère, tant à l’administration centrale que dans ses représentations à l’étranger.

Je vous remercie./.

  • Françoise LEMOIGNE
  • Secrétaire Générale SUPMAE/FSU

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