Réponse à M. l’Ambassadeur de France au Maroc

mercredi 9 février 2011
par  SUPMAE-FSU
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Paris, mardi 8 février 2011

Lundi 7 février vous avez réuni les représentants des personnels siégeant à la Commission Consultative Locale à Rabat.

Dans une communication précédente nous vous avions exposé la très difficile situation des agents employés par l’État qu’ils soient dans les Instituts, les Consulats ou dans les différents services dépendant de l’Ambassade de France au Maroc.

Un retard de 6 ou 7 ans a été pris dans les revalorisations salariales en raison de l’obsolescence des grilles de rémunérations et d’un manque évident de volonté ministérielle.

Pour mémoire les différentes phases de la RGPP ont pour effet de rationaliser, de mutualiser et d’homogénéiser la présence française dans son action extérieure. Nous étions opposés à ces rationalisations dont les résultats factuels ne sont que des licenciements massifs et des précarisations majeures. Puisque ces réformes s’appliquent et perdurent nous entendons qu’elles ne se fassent pas au détriment systématique des agents. Il est plus que temps de lisser les inégalités de traitements entre les personnels. Je rappelle à cet égard le rachat des cotisations sociales des années antérieures pour les agents de nationalité française n’a pas encore été traité.
Nous avions demandé des signes forts destinés à enrayer l’exaspération et la démotivation des agents.
Nous constatons malheureusement que les 2 a 3% de rattrapage proposés sont non seulement insuffisants mais comme en 2008 sont des promesses dépendantes d’un hypothétique accord de la commission interministérielle. En soi, cela ne correspond pas à un engagement concret, loin de là.
A titre d’exemple des engagements non tenus pourtant pris par l’ambassade en 2008 ; l’atténuation de l’impact fiscal. Seuls les enseignants vacataires des Instituts Français se sont vus augmenter leur vacation horaire leur permettant de compenser la perte salariale due au prélèvement de l’impôt général sur le revenu au Maroc (17% pour cette catégorie d’agents) alors que tous les agents mensualisés n’ont pas vu d’amélioration par rapport à la perte salariale.

…/…

Le chantier de réforme des grilles des Instituts ouvert en 2005 n’a toujours pas abouti. Là non plus, aucun engagement n’a été pris. Tout au plus la date de 2012 laissée au conditionnel et très certainement dépendante de la prochaine Fusion SCAC - EAF.
Le seul élément positif pourrait donc être la refonte de la grille des salaires du réseau diplomatique et consulaire si toutefois la présentation qui en sera faite incluait des chiffres, ce qui n’est pas le cas. De plus, la présentation de cette grille à chaque Département ministériel va faire perdre un temps colossal et risque de renvoyer son application aux calanques grecques pour peu qu’un ministère régalien de poids s’y oppose.
D’ici à jeudi 10 février 2011, il n’est pas encore trop tard Monsieur l’ambassadeur.
Les signes forts et engagements de l’état ne sont pas suffisants, je rappelle que les revendications des personnels portaient sur 15% de revalorisation, mais nous comptons sur vous et sur les nouvelles propositions concrètes que vous voudrez bien faire aux représentants des personnels au Maroc.

Laurent Serra