la ligue des droits de l’homme critique un procès antiterroriste

jeudi 3 février 2011
par  SUPMAE-FSU
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ATHENES, 2 fév 2011 (AFP) - La Ligue grecque des droits de l’homme a mis en garde mercredi contre le risque d’un déni de justice dans le procès en cours contre 13 membres présumés du groupe anarchiste grec Conspiration des cellules de feu.

La Ligue a fait part de sa "profonde inquiétude" dans un communiqué, après trois ajournements successifs du procès, ouvert le 17 janvier, face au refus des accusés d’assister aux audiences et d’y être représentés par des avocats.

La cour antiterroriste, qui doit reprendre les audiences jeudi, a réagi en désignant d’office des avocats, mais s’est heurté au refus de ces derniers, au total 54, en conséquence menacés de sanctions disciplinaires et pénales.

Le recours du tribunal à une défense commise d’office dans ces conditions "viole les droits des accusés à un procès juste", a estimé la Ligue, mettant en garde contre le risque de poursuivre un procès qui n’aurait "clairement pas les caractéristiques d’un procès juste".

Lors de la dernière séance ajournée lundi, la cour a finalement demandé aux avocats initialement choisis par les accusés de les représenter à nouveau, mais sans garantie sur leur réponse.

Les accusés, dont quatre sont jugés par contumace, et six sont en détention préventive, protestent contre le fait que les cartes d’identité de leurs proches sont gardées par la police à l’entrée du Palais de justice, situé dans l’enceinte d’une prison.

La cour, instituée par une loi antiterroriste au début des années 2000, a justifié cette mesure inédite par le fait que le procès se tenait dans la prison athénienne de Korydallos, alors même que la défense dénonce une justice d’exception.

Les accusés réclament aussi l’enregistrement des débats, comme lors de précédents procès antiterroristes, mais la cour a invoqué un manque de moyens financiers au vu de la crise économique.

Agés de 19 à 30 ans, les accusés encourrent de 10 à 25 ans de prison pour leur appartenance présumée à la Conspiration, signataire depuis 2008 de dizaines d’attentats n’ayant pas fait de morts, dont l’envoi récent de colis piégés à des dirigeants européens.